Encore une saison agricole, faut encore bouger le camion pour bosser un mois dans un autre département. Ah non en fait ils ont menti c’est juste 15 jours. Et en fait y’a pas de douche. Et on nous traite mal. C’est pas grave, c’est comme d’hab on s’y fait. On est pas là pour longtemps de toute manière.
Les patrons oublient un jour sur notre bulletin de salaire. On leur fait remarquer. Ils nous menacent, nous insultent et nous virent. Bon d’accord, cette humiliation c’est celle de trop.
Le prolétariat agricole n’a pas dit son dernier mot. Vive la grève ! On tient le piquet dès le lendemain matin. Au bout d’une heure seulement les patrons reviennent vers nous pour négocier et admettent s’être trompé. Tant pis pour eux on continue la grève parce qu’entre temps on a pu discuter entre collègues venu•es de toute l’Europe : on veut des douches, des chiottes, des robinets, une prime de fin de saison. On veut des pauses et du café. On veut que la peur change de camp. On veut leur rappeler que sans nous leurs pommes pourriraient sur pied. On veut se redonner de la force et de l’énergie. Se rapeller qu’ensemble on peut faire de grandes choses.
ive la grève et les ouvrières et ouvriers agricoles ! ![]()
![]()
Texte écrit par un de nos compagnon exilées dans le Sud Ouest pour le travail agricole
